L’entrée en vigueur, en octobre prochain, d’un Code du bâtiment plus strict suscite de vives inquiétudes dans l’industrie immobilière québécoise.
Les nouvelles exigences risquent d’augmenter significativement les coûts de construction, et ces hausses pourraient ultimement avoir un impact sur les loyers et les hauses de loyer pour les locataires.
1. Des normes plus strictes qui alourdissent les projets
Le nouveau Code du bâtiment impose plusieurs exigences supplémentaires, notamment :
• Normes sismiques renforcées
• Corridors et salles de bain élargis pour répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite
• Infrastructures obligatoires pour bornes de recharge dans les immeubles de plus de cinq logements
Ces mesures visent une meilleure sécurité, une accessibilité accrue et une adaptation aux réalités énergétiques actuelles.
Toutefois, elles entraînent des coûts de construction plus élevés, particulièrement pour les projets déjà avancés dans leur conception.
2. Des projets menacés ou retardés
Plusieurs projets qui sont déjà sur la planche mais pas encore sorti de terre en seront impactés. En effet, si la construction débute après l’entrée en vigueur des nouvelles normes, les promoteurs devront :
• redessiner les plans,
• refaire le montage financier,
• retarder le début des travaux,
Et tous ces coûts pourront-ils un tel impact que certains seront abandonnés?
3. Une pression directe sur les coûts de construction
Les nouvelles normes s’ajoutent à un contexte déjà difficile :
• prix des matériaux en hausse,
• rareté de la main‑d’œuvre,
• délais d’approvisionnement,
• inflation générale dans le secteur de la construction.
Résultat : les coûts explosent, et les promoteurs n’ont souvent pas d’autre choix que de répercuter ces hausses sur les loyers futurs.
4. Un dilemme pour le gouvernement : moderniser sans freiner la construction
Le gouvernement vise à moderniser le parc immobilier, améliorer la sécurité et favoriser l’accessibilité universelle.
Mais l’industrie soutient que les projets prêts à démarrer devraient être exemptés
Aussi plusieurs demandent à ce que ces nouvelles normes soient introduites graduellement, ainsi qu'un soutien financier qui pourrait être nécessaire pour éviter un ralentissement de la construction.
Sans ajustements, plusieurs craignent un effet domino :
• moins de projets lancés,
• moins de logements disponibles,
• loyers plus élevés,
• aggravation de la crise du logement.
Conclusion : un équilibre difficile à atteindre
Les nouvelles normes du Code du bâtiment répondent à des objectifs légitimes : sécurité, accessibilité, modernisation. Mais leur mise en œuvre rapide, combinée à la hausse généralisée des coûts de construction, crée une pression majeure sur les promoteurs et ultimement les locataires.
Une transition plus souple doit être envisagée très rapidement afin d'éviter que ces mesures, pourtant bien intentionnées, ne freinent la construction de logements dans un contexte de pénurie.
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